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Parcelles de démonstration : À Saint-Benoît Eddy Bénard améliore sa fertilisation

19.11.2023
Fertilisation
#fertilisation #parcelle de démonstration #Eddy Bénard #Serdaf
Depuis bientôt deux ans, l’exploitation d’Eddy Bénard accueille une parcelle de démonstration du Rita Canne visant à améliorer sa pratique de fertilisation. Les premiers résultats sont probants.

L’exploitation d’Eddy Bénard est répartie sur deux secteurs de Saint[1]Benoît, à Bras-Madeleine et à Bras-Pigeon. En 2021, il a accueilli une parcelle de démonstration sur un peu plus de 6 000 m2 à Bras-Pigeon, dans le cadre du Rita Canne. Objectif : comparer deux à deux des itinéraires techniques de fertilisation, celui qu’il réalise habituellement et un deuxième suivant les recommandations de l’outil d’aide à la décision Serdaf, avec l’appui d’un technicien Tereos et de l’animateur d’eRcane.

« D’une manière générale, les planteurs ont tendance à acheter l’engrais disponible le moins cher, même s’il ne correspond pas à leur besoin », souligne Fabrice Cochard, technicien Tereos qui a mis en place la parcelle avec Gwenn Bourgaut (eRcane). Eddy Bénard, qui est titulaire d’un Brevet professionnel agricole décroché au Centre de Formation Professionnelle et de Promotion Agricole (CFPPA) de Beaulieu, a conscience de l’importance du choix de la fertilisation, mais s’il a déjà essayé la plupart des engrais, « d’abord en fonction de leur prix », il n’était pour autant pas sûr de ses choix. La parcelle concernée était en friche et très enherbée. Elle a été préparée et plantée en avril 2021, avec des cannes R582. Eddy Bénard a adopté cette variété, adaptée à son terrain, en renonçant progressivement à R570 et R579. L’engrais a été apporté un peu après la plantation puis au mois de septembre suivant. Sur la bande témoin, le planteur a mis du 12-6-20. Sur la bande Rita, un complément a été apporté, sur la base de l’analyse de sol révélant des besoins importants en potasse, mais aussi en phosphore.

Richesse et rendement à la hausse

La parcelle a été récoltée en octobre 2022, en coupe à la machine en cannes longues. Les résultats obtenus ont été sensiblement meilleurs sur la bande Rita : une richesse de 14,08 pour la bande « Rita » contre 12,29 sur la bande « pratique planteur », et 143 tonnes de canne à l’hectare contre 111 tonnes pour le témoin planteur. En 2021, Eddy Bénard avait acheté ses engrais à moins de 700 euros la tonne, l’an passé, il a dû débourser 1 120 euros la tonne. « Le but de cette parcelle de démonstration sera aussi de prouver que l’investissement dans l’engrais, même s’il est cher, est rentable en permettant un rendement élevé, souligne Gwenn Bourgaut. Notre travail de conseil technique vise également à sensibiliser les planteurs à la gestion du P et du K, en sachant qu’elle demande un peu de travail supplémentaire : le phosphate et la potasse sont aussi importants que l’azote ». La fertilisation de la parcelle sur la première repousse a été effectuée en décembre dernier, avec du 15-6-21. Sur la bande Rita, un complément en sulfate de potasse et du Minactiv riche en phosphore a été appliqué fin mars. Eddy Bénard a conscience qu’il peut encore progresser. « J’ai du mal à fractionner mes apports d’engrais par manque de temps », dit-il. Malgré les difficultés du moment, le planteur de Saint-Benoît a l’intention d’améliorer ses pratiques pour augmenter ses revenus.

Eddy Bénard, planteur à St Benoît
Eddy Bénard a testé avec succès la fertilisation en suivant les préconisation de Serdaf

Le casse-tête de l’enherbement

Comme la plupart des planteurs de l’île, Eddy Bénard est confronté à la virulence accrue de l’enherbement à mesure que l’éventail des produits herbicides autorisés se réduit. Sur ces parcelles, il est confronté au maïs cafre, « qui fait du mal au rendement », mais aussi au tabac-bœuf et aux grandes fataques. Ces plantes pérennes, une fois implantées dans un sol, sont particulièrement difficiles à éradiquer. Quand elles sont encore tendres, le planteur fait quelques passages pour les arracher à la main. « Sur une parcelle d’un demi-hectare, j’ai vu le rendement chuter de 70 à 50 tonnes à cause d’elles », poursuit Eddy. Dans ces cas extrêmes, la replantation de la parcelle devient la seule bonne solution. « Si le travail est bien fait, en veillant à faire le traitement de prélevée pour tuer au bon moment les petites herbes qui commencent à sortir, on ramène l’enherbement à zéro, dit-il. Mais c’est un gros investissement de travail la première année »

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